Child Trust à l'international, ep.4 : la formation de Paris
Les 28 et 29 mai 2026, nous avons eu le plaisir d’accueillir à Paris la quatrième et dernière rencontre internationale du projet européen Child Trust.
Après Milan en novembre 2025, Cracovie en mars 2026 et Zagreb en avril 2026, des personnels pénitentiaires et des représentants des organisations partenaires d’Italie, de France, de Pologne et de Croatie se sont retrouvés en France pour deux journées consacrées au partage d’expériences et à la réflexion autour des pratiques professionnelles.
Cette dernière rencontre, organisée par Relais Enfants Parents Île-de-France, nous a permis de partager notre expérience et de revenir, avec nos partenaires européens, sur les enseignements de ces différents temps de formation.

La première journée s’est déroulée à l’IRTS de Montrouge, institut de formation au travail social.
Nous avons choisi de partir des situations concrètes rencontrées par les professionnels plutôt que de proposer une formation uniquement théorique.
Réunis par pays, les participant.e.s ont partagé des situations complexes vécues lors de l’accueil d’enfants et de leurs parents, puis les ont analysées en prenant en compte les différents points de vue : celui de l’enfant, de sa famille, du parent incarcéré et des professionnels présents.
Cette méthode a permis de s’appuyer sur les compétences et les expériences déjà acquises par les participant.e.s pour réfléchir collectivement à d’autres manières d’intervenir dans des situations parfois difficiles.
L’après-midi, certaines de ces situations ont été mises en scène par des comédien.ne.s de la Ligue française d’improvisation. Les scènes ont ensuite été rejouées en faisant évoluer les réactions et les modes de communication des différents protagonistes, à partir des observations et des propositions du groupe.
Des agents pénitentiaires ont également participé directement aux mises en situation, expérimentant ainsi différentes façons d’agir et de communiquer dans des moments particulièrement sensibles.

Cette expérience a permis de mettre en évidence un des enseignements qui nous paraît essentiel dans le cadre de Child Trust : sécurité et empathie ne sont pas incompatibles. Une attention portée aux besoins de l’enfant peut au contraire contribuer à prévenir les tensions et à faciliter la gestion de situations parfois difficiles.
La deuxième journée s’est déroulée à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.
Nous avons pu présenter aux participants les différents dispositifs permettant d’accueillir les enfants et de soutenir les relations avec leur parent incarcéré, notamment les espaces aménagés pour les familles et les enfants.
Les participants ont découvert les aires de jeux installées dans les salles d’attente des familles ainsi que les espaces permettant des rencontres parents-enfants en présence d’un tiers. Ces rencontres peuvent être accompagnées par Relais Enfants Parents ou par les services de protection de l’enfance, selon les situations.
Pour nos partenaires italiens, croates et polonais, cette visite a été l’occasion de découvrir concrètement le fonctionnement du système français, d’échanger avec les professionnels et de comparer les dispositifs existants dans les différents pays.
Réfléchir ensemble aux futures formations des personnels pénitentiaires
L’après-midi, nous nous sommes retrouvé.e.s au CETOP, centre de formation des personnels pénitentiaires situé au sein du complexe de Fleury-Mérogis, afin de revenir sur les enseignements des différentes rencontres internationales.
Une enquête menée auprès des participant.e.s nous a permis d'identifier les caractéristiques attendues d'une future formation européenne destinée aux personnels pénitentiaires.
Les échanges ont fait ressortir l'intérêt de formations qui s'appuient sur l'expérience des professionnel.le.s, les témoignages, les mises en situation, l'analyse des pratiques et les échanges avec des collègues d'autres pays.
Les participant.e.s ont également souligné l'importance de l'implication des directions et des responsables d'établissements. Pour que les pratiques puissent évoluer durablement, elles ne peuvent pas reposer uniquement sur l'engagement individuel de quelques professionnels. Elles doivent pouvoir s'inscrire dans le fonctionnement quotidien des établissements.
Deux formats ont notamment été envisagés pour de futures formations européennes : une formation en présentiel de trois à cinq jours ou un dispositif hybride associant des temps à distance et des sessions en présentiel.
Sept axes pour une formation commune
Les échanges entre les quatre pays ont permis d'identifier sept grands domaines à intégrer à une future formation commune :
le cadre juridique et institutionnel ainsi que les droits de l'enfant ;
les besoins et l'expérience des enfants dont un parent est incarcéré et la préservation des liens familiaux ;
le rôle et les limites professionnelles des personnels pénitentiaires ;
les attitudes professionnelles et les modes de communication adaptés ;
l'organisation de l'accueil et l'aménagement d'espaces adaptés aux enfants ;
la sécurité, la prévention et la gestion des situations sensibles ;
la coopération entre les professionnel.le.s et la mise en place de réseaux autour de l'enfant et de sa famille.
Une réflexion a également été menée sur le partage des compétences au sein des équipes. Les professionnel.le.s formé.e.s pourraient à leur tour devenir des personnes ressources pour leurs collègues, notamment à travers le mentorat et le soutien entre pairs.
Une rencontre pour clôturer sept mois d'échanges . . .
Au-delà des différences entre les systèmes des quatre pays, ces échanges ont fait ressortir une conviction commune : prendre en compte les besoins de l'enfant et maintenir le lien avec son parent incarcéré nécessite des professionnel.le.s formé.e.s, des pratiques adaptées et une coopération entre les différents acteurs qui entourent l'enfant et sa famille.





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