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Child Trust à l'international, ep.3 : la formation de Zagreb

repidfdirectionges
11 mai
3 min de lecture

Les 23 et 24 avril 2026, la Croatie a accueilli la troisième formation internationale du projet européen Child Trust, organisée par le partenaire croate RODA – Roditelji u akciji. Cette rencontre a réuni des agent.e.s pénitentiaires et des représentant.e.s des organisations partenaires venus de France, d’Italie, de Pologne et de Croatie.




Une immersion au pénitencier de Požega


La première journée s’est déroulée au pénitencier de Požega, autour d’une visite d’étude et d’un échange sur les pratiques mises en place au sein de l’établissement.


Une présentation consacrée à la manière dont les espaces pénitentiaires peuvent contribuer à la réinsertion, préserver la dignité et favoriser de meilleures relations a introduit la visite des différents espaces récemment rénovés de l’établissement. L’espace de visite a particulièrement retenu l’attention des participant.e.s: une partie est spécialement aménagée pour les enfants afin de créer un environnement plus accueillant et moins stressant lors des rencontres avec leur parent incarcéré.


Les participant.e.s ont également découvert l’unité mère-enfant, où étaient accueillies trois mères avec leurs nourrissons de moins de six mois. Ce dispositif permet de préserver les premiers liens entre la mère et son enfant et de proposer aux enfants des conditions de vie aussi sereines que possible malgré le contexte carcéral.

La visite a également permis d'observer la manière dont la présence des professionnel.le.s peut être pensée pour garantir la sécurité tout en restant discrète et non intimidante.


L’après-midi a été consacré à l’analyse collective de ce qui avait été observé : organisation du travail, conditions d’hébergement, dispositifs de soutien aux familles et possibilités d’adapter certaines solutions dans d’autres contextes nationaux.

Les échanges ont notamment fait ressortir plusieurs éléments : l’importance de l’humanisation des espaces, l’aménagement des lieux de visite pour les rendre plus adaptés aux enfants et aux familles, mais aussi l’attention portée aux personnes en situation de vulnérabilité et le développement d’une plus grande autonomie pour les usagers. Cette visite a également illustré l’importance d’une coopération étroite entre les établissements pénitentiaires et les associations, notamment à travers le travail mené par RODA en Croatie.


À Zagreb : des pratiques mises en perspective avec les normes européennes


La deuxième journée s’est déroulée à Zagreb, à la représentation de la Commission européenne en Croatie. Les échanges ont porté sur les pratiques croates, les expériences des différents pays et les normes européennes relatives aux enfants dont un parent est incarcéré.

Une présentation a notamment permis de revenir sur les difficultés auxquelles ces enfants peuvent être confrontés : stigmatisation, honte, détresse émotionnelle, incompréhension de leur situation ou encore risque de voir leurs besoins négligés.

Les participant.e.s ont travaillé sur des questions très concrètes : comment communiquer avec un enfant, comment adopter une attitude adaptée en sa présence, comment assurer une surveillance qui reste discrète ou encore comment éviter de l’exposer inutilement à des situations stressantes.

Des exercices ont également porté sur la nécessité de distinguer les observations des suppositions, afin que les professionnels puissent prendre leurs décisions sans être guidés par leurs propres représentations ou préjugés.


Les participant.e.s ont également découvert le programme croate « Le détenu comme parent », mis en place en 2013. Ce dispositif vise notamment à renforcer les compétences parentales, améliorer la communication au sein des familles et permettre aux personnes détenues de mieux comprendre les besoins de leurs enfants.

Cette expérience a permis aux professionnels des quatre pays de comparer leurs propres dispositifs et d’identifier des pratiques susceptibles d’être adaptées à d’autres systèmes pénitentiaires.


La formation a également abordé une dimension essentielle : le bien-être des professionnel.le.s eux.elles-mêmes. Une intervention consacrée au stress et à la résilience du personnel pénitentiaire a permis de réfléchir aux effets d’un travail soumis à une forte charge émotionnelle et à de nombreuses responsabilités.



Les participant.e.s ont notamment travaillé sur la reconnaissance des signes de stress et sur différentes façons de renforcer leur capacité à y faire face : repos, soutien, définition de limites, reconnaissance de ses propres besoins ou encore exercices de respiration et de relaxation.


Concilier sécurité, dignité et intérêt de l’enfant


Ces deux journées ont ainsi permis de mettre en relation plusieurs dimensions : les droits de l’enfant, les pratiques professionnelles, les conditions d’accueil, le soutien à la parentalité et le bien-être des personnels.





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