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Child Trust à l'international, ep.2 : la formation de Cracovie

repidfdirectionges
23 avr.
3 min de lecture

Les 16 et 17 mars 2026, Cracovie a accueilli la deuxième formation internationale du projet européen Child Trust, réunissant des agent.e.s pénitentiaires et des représentant.e.s des organisations partenaires de France, d’Italie, de Croatie et de Pologne. Organisée à l’invitation de Probacja, cette rencontre a permis aux participant.e.s de partager leurs expériences et leurs pratiques autour d’un objectif commun : mieux prendre en compte la situation et les besoins des enfants qui rendent visite à leur parent incarcéré.



La première journée a été consacrée au partage des expériences et des bonnes pratiques développées dans les différents pays partenaires.

La rencontre a été ouverte par Beata Bańdur, représentant l’administration pénitentiaire régionale polonaise. Elle a rappelé un principe essentiel : les enfants ne sont pas responsables des actes de leurs parents, mais ils ont le droit de maintenir une relation avec eux, y compris lorsque celui-ci est incarcéré.

Dans ce contexte, le personnel pénitentiaire joue un rôle important pour faciliter les visites et les échanges, tout en conciliant ces enjeux avec les impératifs de sécurité et les règles propres aux établissements.


Une place importante a également été accordée à la Charte des droits des enfants de parents incarcérés, développée en Italie par Bambini senza sbarre et dont les principes ont inspiré le travail engagé en Pologne. Cette démarche vise notamment à faire évoluer les pratiques pénitentiaires en reconnaissant davantage la place du parent détenu dans son rôle parental et les droits des enfants qui franchissent les portes d'un établissement pénitentiaire.



De gauche à droite : Anna Figurniak, directrice générale du Bureau du Médiateur pour les droits des mineurs, la colonelle Renata Niziołek, directrice générale de l'administration pénitentiaire, et Maria Ejchar, vice-ministre de la Justice, après la signature de la Charte (19 mars 2026)


Les participant.e.s ont également été invité.e.s à adopter le point de vue de l’enfant et à réfléchir aux émotions qui peuvent accompagner une visite en détention : peur, incertitude, nostalgie, mais aussi espoir de retrouver son parent.

Cette approche a permis de questionner les pratiques quotidiennes et de réfléchir à la manière dont l’environnement pénitentiaire peut être rendu plus accueillant pour les enfants, au-delà des seuls aménagements matériels.


La deuxième journée a proposé une approche plus concrète avec une visite du centre de détention provisoire de Cracovie.

Les participant.e.s ont suivi le parcours d’un enfant venant rendre visite à son parent, depuis son arrivée dans l’établissement jusqu’au lieu de visite.

Cette immersion a permis d’observer les différents espaces traversés par l’enfant, mais également les conditions de vie des personnes détenues.

Les échanges avec les professionnels de l’établissement ont notamment porté sur l’organisation des visites et sur les solutions développées en collaboration avec Probacja.


Cette expérience a montré que rendre un établissement plus accueillant pour les enfants ne repose pas uniquement sur des aménagements matériels ou visuels.

Cela passe aussi par des actions régulières, une attention portée aux interactions et la construction de relations de confiance.


Mettre l’enfant et l'adolescent au centre des pratiques


Au cours de la rencontre, Paulina Bąbol, psychologue engagée dans les actions de mentorat de Probacja, a également présenté les résultats d'une recherche consacrée à l'adaptation des adolescents à l'incarcération d'un parent.


Menée à partir d'entretiens avec des adolescents, cette recherche distingue plusieurs moments dans leur expérience : l'arrestation du parent, la première visite en prison, puis la période qui suit, pouvant s'étendre sur plusieurs années. Les premiers temps peuvent être marqués par des stratégies d'évitement et de gestion de la souffrance émotionnelle. Avec le temps, les adolescents peuvent cependant développer des stratégies d'adaptation plus constructives.

Le soutien de l'entourage, mais également l'accompagnement social et institutionnel, apparaît alors essentiel pour les aider à faire face à la stigmatisation et à retrouver un équilibre.


« La clé, c'est l'empathie »


Au fil des échanges, une idée s'est imposée comme un fil conducteur : « La clé, c'est l'empathie. »

Une approche qui suppose à la fois de l'attention, de la coopération entre les différents acteurs et la volonté de faire évoluer les pratiques pour que les enfants puissent maintenir leur relation avec leur parent dans les conditions les plus respectueuses possibles.




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